Comment faire face au tir groupé de toutes les critiques faites au papier-ramette 100% recyclé ? Comment faire décoller son usage ? Par l’incorporation, au moment de la fabrication, d’une partie de pâte vierge certifiée PEFC ou FSC, bon capteur de carbone. C’est peut-être l’enjeu du décollage de ce segment de l’économie circulaire du papier écologique. Par un formidable effet de levier !

forêt fsc_pefc

100% RECYCLÉ ET ÉCOLABEL ANGE BLEU

Quand j’ai créé COMPTOIR ÉCOLOGIQUE, au moment du Grenelle de l’environnement, j’étais convaincu que seul comptait le papier 100% recyclé muni de l’écolabel Ange Bleu. Il est vrai que ce type de papier demeure la meilleure garantie d’un produit aux qualités environnementales les plus exigeantes, bien décrites par Eco-Sapiens dans son sujet sur « Les bons labels et les truands ».

C’est ce qui explique que, en bon écologiste, j’ai toujours préféré mettre en valeur ces papiers d’aspect « blanc cassé » ou « gris clair » fabriqués avec un plus de 50% de papiers très sales, donc difficiles à valoriser. On les trouve chez UN BUREAU SUR LA TERRE :

 

UN TIR GROUPÉ DE CRITIQUES D’ORDRE PSYCHOLOGIQUE

Mais, quand y regarde de plus près, ce qui semble bon pour l’économie du recyclage – un papier 100% fabriqué à partir de matière récupérée – ne l’est pas toujours pour l’économie circulaire réelle. En clair, la conversion écologique du papier-ramette manque cruellement d’efficacité en termes de volumes. Les consommateurs français hésitent pour de nombreuses raisons, essentiellement d’ordre psychologique : le papier 100% recyclé serait synonyme de bourrages dans les imprimantes et photocopieuses, les impressions couleur et recto-verso seraient difficiles et la présence de poussières ferait râler les vendeurs de matériel chargés du service après-vente…

La critique la plus courante rencontrée en France est celle du manque de blancheur du papier recyclé. Le désencrage à 100% des vieux papiers n’est pas possible, c’est ce qui explique cet aspect « blanc cassé », voire « gris-clair », des papiers recyclés. On parle alors de niveau de blancheur CIE 70, CIE 80, CIE 90… Plus l’indice CIE est élevé, plus le papier est blanc. D’autres papiers recyclés, davantage prisés, sont très blancs (à partir de CIE 140) parce qu’ils sont fabriqués à partir de papiers peu ou pas encrés, récupérés dans les imprimeries (chutes de fabrication) et les bureaux (enveloppes, chèques…), puis triés selon leur blancheur dans les centres de tri.

 

L’EFFET DE LEVIER DU MIX « RECYCLÉ-CERTIFIÉ »

Dernière critique faite au papier 100% recyclé : il remettrait en cause l’économie forestière en dénonçant sans nuance la déforestation… Quel tir groupé ! Sans entrer dans une polémique stérile, la France rassemble tous les conservatismes et tous les prétextes pour ne pas changer ses habitudes en matière d’usage de papier. Le pays des révolutions serait-il frileux au moment de l’urgence du passage à l’économie circulaire ?

Alors, pour lever tous ces obstacles qui se dressent devant elle, je suggère que l’économie circulaire du papier-ramette s’engage comme la géniale papeterie des Chatelles dans les Vosges, qui fabrique des ramettes CHATELLES NATURE à partir de :papier CHATELLES NATURE

  • 55% de pâte recyclée.
  • 45% de pâte vierge certifiée PEFC, fabriquée à partir de forêts essentiellement françaises gérées de manière responsable, qui sont un bon capteur de carbone.

Le mix recyclé – pâte vierge certifiée, voilà probablement la meilleure réponse aux freins qui empêchent le papier-ramette écologique de décoller. CHATELLES NATURE est un papier très blanc (CIE 160), 100% écologique, local (bon bilan carbone et emplois non délocalisables), de bonne main, qui imprime sans souci de bourrage en couleur et recto-verso !

 

Autre exemple de compromis entre exigence écologique et demande de blancheur : l’AGENDA DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, fabriqué en France, imprimé sur papier FSC avec des encres à base végétale. L’édition 2015 est sortie de l’imprimerie.

Mieux vaut donc consommer 100.000 tonnes de papier-ramette mix 50% recyclé – 50% certifié, soit 50.000 tonnes de papier 100% recyclé, plutôt que 10.000 tonnes de papier 100% recyclé. Gageons que cette idée d’effet de levier germera dans l’esprit des consommateurs : collectivités, administrations, PME, associations, lycées et collèges, syndicats de salariés et d’entrepreneurs…

UN BUREAU SUR LA TERRE livre sans limite de volume. Agissez avec nous !

 

 

Daniel LACAILLE

 

 

Vous pouvez ajouter un commentaire, ou un rétrolien depuis votre propre site.

Ajouter un commentaire