Après les associations, le gouvernement alerte sur les menaces que font peser les perturbateurs endocriniens sur notre santé et notre environnement. Son « Projet de stratégie nationale » demande le réexamen au niveau européen de l’approbation de 21 substances actives phytopharmaceutiques « en raison de leurs propriétés de danger ».

 

INTERDIRE LE BISPHÉNOL A DANS LES TICKETS DE CAISSEne-conservez-surtout-pas-votre-ticket-de-caisse

En France, la lutte contre les risques liés aux perturbateurs endocriniens se poursuit. L’heure ne semble plus à la politique de l’autruche. Après l’interdiction du bisphénol A dans les biberons (loi du 30 juin 2010) et dans les matériaux en contact direct avec des denrées alimentaires (loi du 24 décembre 2012), c’est au tour des papiers thermiques d’être dans le collimateur du gouvernement. Les tickets de caisse et reçus de carte bancaire sont visés en priorité. En janvier dernier, la France a proposé une restriction du bisphénol A dans les papiers thermiques au titre du règlement européen REACH.

 

Surtout, le gouvernement vient de publier son « Projet de stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens ». D’entrée, le document alerte sur la nécessité de « prévenir les risques et limiter l’exposition, en particulier celle des populations sensibles, femmes enceintes et jeunes enfants ». Détergents, matières plastiques, cosmétiques, textiles, peintures… Tous ces produits contiennent des substances chimiques « pouvant interférer avec la régulation hormonale des être vivants et toucher la reproduction, la croissance, le développement, le comportement, etc. ».

 

« IL EST IMPORTANT D’AGIR »

perturbateur-endocrinien-biodiversiteLe diagnostic est sans appel et fait frémir : « En effet, ces dernières décennies, une augmentation de certaines maladies et troubles hormonaux a été constatée chez l’être humain, notamment une puberté précoce, une baisse de la qualité du sperme, certains effets sur le système immunitaire, une multiplication des malformations génitales ainsi qu’une augmentation de la fréquence de certains cancers et troubles métaboliques et des pathologies liées au développement neurologique », rappelle le document.

« En outre, un impact sur l’environnement, et en particulier la faune, a été observé, comme la féminisation de populations de poissons ou le développement d’organes génitaux mâles chez les femelles de gastéropodes marins, des atteintes osseuses chez les phoques, des malformations de l’appareil génital chez les cervidés et la diminution du nombre d’espèces de batraciens ».

 

Au-delà du contact direct par absorption orale ou cutanée ou par inhalation, le document alerte sur les dangers dus à un contact indirect via l’environnement (eau, air, sol). « Il est important d’agir afin de limiter l’exposition de l’environnement et de la population », insiste le rapport.

 

GÉNÉRATIONS FUTURES : « NOUS AVONS PRIS NOTE DES AVANCÉES »

Après les résultats de l’enquête EXPPERT qu’elle vient de mener, et qui a révélé dans les cheveux d’enfants de zones agricoles la présence en pesticides dans les cheveuxmoyenne de 21 substances pesticides perturbateurs endocriniens (PE), GÉNÉRATIONS FUTURES indique avoir pris « bonne note des avancées » obtenues dans le projet du gouvernement. « Il faut maintenant que la Commission européenne publie enfin une définition protectrice et ouverte des PE qui devront être exclus notamment dans le cadre du Règlement 1107/ 2009 sur les pesticides », demande l’association de défense de l’environnement et de la santé.

 

Dans son projet, le gouvernement rappelle qu’il a demandé en mars 2013, à la Commission européenne « de procéder de manière accélérée et prioritaire à l’évaluation du renouvellement de 21 substances actives phytopharmaceutiques suspectées de ne pas satisfaire aux critères d’approbation prévus ».


 

DES PRODUITS DE SUBSTITUTION AUX PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

Interdire les perturbateurs endocriniens nécessite de les remplacer par des produits inoffensifs. Si le gouvernement annonce qu’un « rapport sur les substituts au BPA sera présenté au Parlement d’ici à juillet 2014 (…), visant à la suspension (….) de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A », la question des produits de substitution demeure. La solution n’est pas de poursuivre les agriculteurs devant les tribunaux, comme l’a été Emmanuel Giboulot, viticulteur à Beaune.0bisphenol-a

 

Les alternatives aux plastiques, aux pesticides, aux peintures toxiques, aux papiers thermiques et autres détergents existent déjà. L’heure est à la conversion écologique. C’est ce grand mouvement que UN BUREAU SUR LA TERRE tente d’accompagner en mettant en avant des produits non nocifs pour notre santé et l’environnement, notamment :

gobelet vaisselle biodégradableélastique en caoutchouc naturelColle sans solvantgel wc aux huiles essentielles

 

Daniel LACAILLE

 

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