Le papier recyclé, c’est maintenant !

26 septembre 2013 0 Par Daniel

Pour favoriser l’économie du recyclage du papier, « le livre blanc » d’Écofolio présenté le 11 septembre dernier met en avant l’effet de levier que possède la puissance publique. Cahiers d’écoliers, papiers de la Sécurité Sociale, manuels scolaires, formulaires administratifs, matériel électoral… Pourquoi ces documents ne sont-ils pas tous en papier recyclé ? Alors que la filière souffre d’un fort déficit commercial (-4,4 milliards d’euros) et que ses emplois chutent (-30% entre 2010 et 2012). De mauvaises consignes de tri et le manque d’investissements de modernisation sont également montrés du doigt par l’éco-organisme. Il est temps de réagir.

 

 

economie circulaire filière papierUNE FILIÈRE PAPIER-CARTON « PARTICULIÈREMENT DÉPRIMÉE »

« La conversion progressive de l’industrie papetière de la pâte vierge à la pâte recyclée apparaît comme une nécessité, tant économique qu‘écologique (…). L’État et les collectivités locales ont un rôle à jouer en tant qu’acheteurs de papier », c’est l’une des conclusions de l’étude réalisée par le cabinet Asterès à la demande d’Écofolio . Ce « livre blanc » intitulé «Économie circulaire et recyclage : vers un nouveau modèle économique » a été présenté le 11 septembre à l’Assemblée nationale par son auteur, l’économiste Nicolas Bouzou.

 

Nicolas Bouzou décrit une filière industrielle « papier-carton» « particulièrement déprimée », avec des emplois en chute de 38% entre 2000 et 2010. Plus vaste, la filière « bois-papier-impression » enregistre un recul de l’emploi de 30% durant la même période et un déficit commercial de 4,4 milliards d’euros en 2012, « soit environ 6% du déficit global de la France », alerte Nicolas Bouzou.

 

C’est dire si il y a urgence ! Face à l’essor des médias numériques et la concurrence des pays émergents, la contraction du marché intérieur « n’est pas propre à la France (…), mais la baisse (y) est particulièrement prononcée ». La perte de parts de marché à l’export est l’autre indicateur de cette perte de compétitivité de l’industrie papetière française.

 

ACCÉLÉRER LE PASSAGE VERS L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Que faut-il faire pour sauver la filière ? Pour Nicolas Bouzou, la réponse est claire : « l’intervention publique est nécessaire ». Car, dans l’économie traditionnelle, dite « linéaire », les entreprises « qui fabriquent des produits de faible qualité et/ou des produits peu durables ou peu fiables » freinent la transition écologique qui les menace de disparition. De son côté, l’économie circulaire « fait émerger certaines activités (les intervenants de la collecte, du tri et du recyclage), en favorise d’autres (les réparateurs, les fabricants de produits de longue durée) ».

 

Pour accélérer cette transition, c’est donc au secteur public de jouer un rôle « d’incitation et d’accélérateur du passage », explique Nicolas Bouzou. Le « livre blanc » préconise 8 mesures phares regroupées dans deux grands objectifs.

Economie circulaire pour la filière papier carton

 

Encourager les points de collecte du papier séparé« RÉDUIRE LES COÛTS DE COLLECTE ET DE TRI »

  1. Collecter les papiers de manière séparée, si possible sur des éco-points collectifs. Car, nous l’avons vu précédemment dans notre article : Papier, le grand Gaspillage ! , la collecte en apport volontaire dans des bacs collectifs « papier » coûte 5 fois moins cher que la collecte en porte à porte dans des bacs où le papier est mélangé avec les emballages.
  2. Automatiser les centres de tri.
  3. Accentuer la recherche sur les encres et les colles.
  4. Développer la sensibilisation du grand public.

 

« ENCOURAGER L’USAGE DU PAPIER RECYCLÉ »

  1. Créer une centrale d’achat des cahiers des écoliers, à destination des communes.
  2. Imprimer les manuels scolaires, le matériel électoral et les formulaires administratifs sur papier recyclé.
  3. Mettre en place un étiquetage carbone sur tous les papiers imprimés.
  4. Créer un marché organisé des vieux papiers, doté d’une plate-forme d’échanges électronique et éventuellement d’une chambre de compensation.

 

 

De son côté, UN BUREAU SUR LA TERRE agit dans la même philosophie en développant les achats scolaires :

 

 

Daniel LACAILLE