Papier : le grand gaspillage !

15 février 2013 0 Par Daniel

Grâce à ÉCOFOLIO, qui collecte l’éco-contribution, les papiers ont droit à plusieurs vies. Mais en France, mauvais élève européen, plus de la moitié des papiers sont jetés avec les ordures ménagères ! Nos mauvaises pratiques sont montrées du doigt par l’éco-organisme, qui apporte des solutions dans son dernier rapport annuel.

 

DÉCLARER SES TONNAGES

Logo des collectivités sous contrat avec Ecofolio

Février : c’est l’heure de la déclaration des tonnages chez ÉCOFOLIO. Une obligation légale depuis 2006 : les émetteurs de papier (5 tonnes minimum) ont jusqu’au 31 mars pour indiquer à l’éco-organisme le poids en papier qu’ils auront utilisé en 2012. Le seuil de 5 tonnes est rapidement atteint : il correspond à l’équivalent de 15.000 plaquettes de 40 pages ou 4 opérations de marketing direct de 60.000 exemplaires ou 1 facture mensuelle expédiée à 25.000 clients, accompagnée d’un flyer…

En 2011, 1.662.000 tonnes ont été déclarées.

Tous les papiers sont concernés !

  • Les papiers imprimés : flyers, prospectus, annuaires, documents publicitaires, catalogues, journaux internes, publications d’entreprise…
  • Les courriers : publipostage, mailings, papier à en-tête, factures, bulletins de salaire, documents d’information et d’accompagnement…
  • Les papiers à copier, enveloppes et pochettes postales : ramettes, enveloppes…

Quelques exceptions demeurent (33% des émetteurs) : livres, publications de presse et tous les documents mis en marché par une personne publique ou en mission de service public.

 

63 MILLIONS D’EUROS ONT ÉTÉ COLLECTÉS EN 2011 POUR CONTRIBUER AU RECYCLAGE

FAISONS DE NOS PAPIERS D’HIER, DES RESSOURCES POUR DEMAIN

ÉCOFOLIO est une société privée à but non lucratif agréée par l’État. Son objectif est de faire émerger la société du recyclage en considérant les vieux papiers comme une matière première, une ressource et non un déchet. Ainsi, avec un tarif de 38€ la tonne en 2011, l’éco-organisme a pu collecter plus de 63 millions d’euros auprès des émetteurs de papiers.

 

Les collectivités territoriales en charge de la gestion des déchets ménagers en sont les principales bénéficiaires. ÉCOFOLIO leur a reversé plus de 53 millions d’euros pour financer leurs actions de sensibilisation au tri et au recyclage des papiers.

Des actions sont également menées avec des entreprises de la grande distribution, celles qui émettent beaucoup de prospectus. Auchan a ainsi mené une centaine d’animations de sensibilisation auprès de ses jeunes clients : 100.000 BD Rik&Rok ont été diffusées.

On a aussi tous vu au cinéma ou sur des affiches, ou écouté à la radio, la campagne ÉCOFOLIO pour le recyclage des papiers. Destiné au plus jeunes, le kit pédagogique Léo Folio a été utilisé dans 3000 écoles, soit 8% des enfants du primaire. Au total, avec ses partenaires, ÉCOFOLIO annonce avoir sensibilisé 2 millions d’enfants depuis 2009 !

 

« TOUS LES PAPIERS SE TRIENT ET SE RECYCLENT ». UNE CONSIGNE PEU RELAYÉE PAR LES COLLECTIVITÉS QUI CONTINUENT EN MAJORITÉ À COMMUNIQUER AVEC DES MESSAGES DEVENUS OBSOLÈTES !

Ecofolio agit pour l'environnement

Tous ces efforts ont ils bénéficié au papier recyclé ? La collecte des vieux papiers est –elle en progression ?
Il y a des progrès, mais la France reste un élève en retard sur les autres pays européens. De l’aveu même de ÉCOFOLIO, « la France affiche un faible taux de collecte », soit 47%. Alors que l’Allemagne récupère 75% des ses vieux papiers, la Suède 72%, le Royaume Uni 69%, l’Espagne 64% et la Belgique 58%.

Dans son dernier rapport annuel d’activité, ÉCOFOLIO interpelle les collectivités. Alors que 83% des Français « plébiscitent le papier comme le plus simple à trier (…). Les performances du recyclage ne pourront pas connaître une avancée notable tant que la nouvelle consigne de tri « TOUS LES PAPIERS SE TRIENT ET SE RECYCLENT » ne sera pas diffusée partout en France ». Seulement 31% des Français la connaissent !

L’éco-organisme déplore et trouve « particulièrement pénalisant » le fait que « l’ancienne consigne de tri, limitée aux journaux, revues et magazines, soit encore en vigueur sur une très grande partie du territoire ».

C’est incroyable, mais pourtant vrai ! Vieille de 20 ans, l’ancienne consigne « subsiste encore sur la majorité des bacs et des guides de tri distribués par les collectivités à leurs administrés », alerte ÉCOFOLIO, pour qui « il est urgent et capital d’actualiser la consigne de tri sur tout le territoire ».

 

DES BACS SPÉCIFIQUES « PAPIER » SONT NÉCESSAIRES. OR, C’EST LA COLLECTE EN MÉLANGE QUI S’APPLIQUE EN FRANCE…

Autre souci majeur : En France, dans les bacs spécifiques, les vieux papiers sont collectés en mélange avec les emballages. Ils sont ensuite dé-mélangés pour être valorisés par les industriels, ce qui est fort coûteux et atténue la qualité des fibres. ÉCOFOLIO plaide pour des schémas de collecte plus rationnels : Réfléchir au « tri très sélectif » des papiers dans un flux dédié, en maximisant les volumes captés et en rationalisant les opérations de collecte pour en maîtriser le coût. Il s’agirait finalement de revenir à la pratique historique : En France, la collecte des papiers a commencé en flux dédié. Comme la collecte du verre, dans des eco-points .

Les chiffres publiés par ÉCOFOLIO sont édifiants. Les coûts de collecte varient  dans un rapport de 1 à 5 selon la méthode de collecte :
• La collecte en apport volontaire en flux dédié coûte 100€ la tonne. Exemple : un bac collectif « papier » implanté dans un eco-point .
• La collecte en porte à porte en flux dédié coûte 200€ la tonne. Exemple : un bac individuel « papier » devant votre porte.
• La collecte en porte à porte en mélange coûte 500€ la tonne. C’est ce choix le plus coûteux qui a été fait en France. Gaspillage des deniers publics garanti !

85% de nos papiers de bureau sont jetés !  

SEULEMENT 15% DES PAPIERS DE BUREAU SONT COLLECTÉS. LE RESTE PART À L’INCINÉRATION OU À L’ENFOUISSEMENT. LE GRAND GASPILLAGE !

 

 

 

 

 

Le papier représente 60% des « déchets » dans les centres de tri. L’enjeu écologique est économique est donc bien réel au vu des gisements encore peu exploités. L’exemple le plus criant est celui des papiers de bureau – les ramettes notamment – dont le taux de recyclage « stagne à 15% », précise ÉCOFOLIO. Ce qui explique le « faible taux de ramettes fabriquées en papier recyclé (11% en moyenne en 2010, selon COPACEL) ».

Ce gaspillage prend une plus grande ampleur en période de crise économique, qui est aussi une crise écologique. Avec leurs pratiques actuelles, on voit mal comment les collectivités territoriales pourront atteindre en 2018 l’objectif affiché d’un taux de recyclage des papiers de 60%. Pourtant, grâce au recyclage – le papier se recycle 5 fois – 390.000 tonnes de CO2 sont économisées chaque année.

Daniel LACAILLE