Le trottoir électrique producteur d’énergie s’exporte aux Etats-Unis

29 juin 2012 0 Par Daniel

 

Un trottoir qui produit de l'électricitéCe n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la France, mais pour l’avenir de la planète, nul doute que oui car il s’agit d’une alternative au nucléaire pour l’éclairage public.

Le brevet de trottoir qui récupère l’énergie cinétique des passants a enfin trouvé preneur. Après un an de vaines recherches d’investissements en France, c’est finalement aux Etats Unis que le concept sera industrialisé. La société californienne Harvest Energy a en effet racheté le brevet de trottoirs producteurs d’électricité mis au point par Laurent Villerouge (Viha Concept).

 

 

Du dance-floor aux rues toulousaines : petite histoire du trottoir producteur d’énergie

Peut-être avez-vous vu passer l’info, ces dernière années : une entreprise hollandaise met au point aux alentours de 2008 un dance-floor en plexiglas qui s’éclaire grâce à l’énergie cinétique des danseurs. L’énergie cinétique est produite par le mouvement des personnes, elle varie selon leur vitesse et leur poids.

En 2010, l’adjoint à la mairie de Toulouse en charge de la voirie, Alexandre Marciel, toujours à l’affût d’innovations, louent quelques-unes de ces dalles podo-électriques et monte une expérience : 8 mètres de dalles équipées de micro-capteurs, montées sur vérins, sont installées rue du Colonel Pélissier pour produire l’énergie cinétique destinée à alimenter un lampadaire de rue.

C’est alors que Laurent Villerouge , séduit par l’idée, décide d’aller plus loin et de développer le concept.  Il monte une start-up, Viha Concept, qui planche sur la solution en collaboration avec le professeur Bertrand Nogarède, chercheur et enseignant au sein du département Génie Electrique – Automatique de l’ENSEEIHT (Ecole Nationale Supérieure d’Electrotechnique, d’Electronique, d’Informatique, d’Hydraulique et des Télécommunications).Expérience de trottoirs produisant de l'électricité à Toulouse

En 2011, après un an de mises au point, la mairie de Toulouse teste les premiers prototypes dans le centre-ville. Des représentants de nombreuses villes, universités et industriels du monde font alors le déplacement pour observer cette innovation qui devait transformer les piétons en producteurs d’énergie. Barcelone et Bruxelles s’avèrent conquises.

Mais ensuite, c’est le calme plat durant un an. Banques, organismes publics, investisseurs sont frileux. Tous sont pourtant conquis par l’idée mais rien ne se passe derrière… il faut dire que l’heure est à la prudence économique. Jusqu’à ce que Laurent Villerouge se tourne vers les Etats-Unis, trouve preneur pour son brevet de trottoirs producteurs d’électricité et signe un partenariat avec l’université Stony Brook de New York où, avec le chercheur Lei Zuo, il va travailler sur des idées plus ingénieuses les unes que les autres : recycler l’énergie de l’essorage du lave-linge pour chauffer l’eau du cycle suivant, allumer les plafonniers de voitures grâce à l’énergie des claquements de portières, récupérer l’énergie des roues pour éclairer entrées de parking et péages d’autoroutes…

 

 

Fonctionnement des trottoirs qui produisent de l'électricitéComment ça fonctionne ?

Le trottoir capte l’énergie cinétique des passants grâce à des dalles montées sur ressorts. Sous chacune d’elle, un mini-générateur transforme l’impact en courant électrique stocké dans une batterie reliée à des réverbères à LED. 10000 passages sont nécessaires pour éclairer une rue durant 3 heures. Le concept est donc à réserver aux zones très fréquentées mais ses conséquences sont loin d’être négligeables : chaque piéton produisant entre 4 et 6 watts par pas, selon sa vitesse et son poids, ce système pourrait massivement réduire la facture de l’éclairage urbain, qui, en France, équivaut à la production d’un réacteur nucléaire.

Depuis qu’il a signé pour les Etats Unis, Laurent Villerouge ne cesse de recevoir des coups de fil d’investisseurs prêts à le financer. Un peu amer, il déplore que ce soit malheureusement trop tard et que, surtout, il faille que les USA s’intéressent au projet pour que les européens se décident…

 

Nous, on se dit que le projet aurait pu tomber définitivement aux oubliettes… ce qui aurait été sûrement beaucoup plus dommageable pour la planète…

 

 

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