Le recyclage des meubles s’organise

6 novembre 2013 0 Par Daniel

Meubles jetés en déchetterieChaque Français jette en moyenne 26 kg de meubles par an, soit 1,7 million de tonnes, selon ECO-MOBILIER. Le taux de recyclage n’est que de 23%… Agréé par l’État, l’éco-organisme vient de lancer la récupération à grande échelle des meubles usagers. Pas moins de 85 millions d’euros seront collectés dès 2013 auprès de 10.000 entreprises. L’éco-contribution va permettre de financer la réutilisation, la collecte dans des bennes spécifiques et le développement des filières de recyclage.

 

OBJECTIF : RECYCLER 45% DES MEUBLES EN 2015

Eco mobilier

Que deviennent nos vieux meubles ? Ils sont jetés en déchetterie ou dans la rue pour être incinérés (22% du total) ou mis en décharge (55% du total), pour l’essentiel… Selon ECO-MOBILIER , la part réutilisée ou recyclée – 23% aujourd’hui – devrait atteindre 45% en 2015, avec la mise en place de la responsabilité élargie des producteurs (REP). L’objectif est de porter la part incinérée, pudiquement appelée « valorisation énergétique » à 35%, soit un total de « 80% de valorisation au terme de l’agrément ». L’effort est conséquent.

 

La REP permet de financer la collecte, la réutilisation et le recyclage. Le principe est simple : pour chaque achat de mobilier, une éco-contribution de quelques centimes d’euro est collectée par l’émetteur auprès de son client. Cette somme est reversée à ECO-MOBILIER, l’éco-organisme chargé de financer les filières de valorisation. ECO-MOBILIER est une société à but non lucratif créée en 2011 par 12 distributeurs et 12 fabricants français.

 

La filière est effective depuis le 1er mai 2013. Mais quels sont les meubles concernés ? ECO-MOBILIER les a regroupés en 10 familles où l’on retrouve les meubles de salon, séjour, salle de bain ou salle à manger, les meubles d’appoint, les meubles de cuisine ou de jardin. Il faut ajouter les meubles de bureau, les sièges et toute la literie (sommiers, matelas…). Les emballages, chutes de fabrication et autres déchets ne sont pas concernés.

 

Eco-mobilier et emmausDES BENNES SPÉCIFIQUES

C’est tout d’abord la filière professionnelle (fabricants, importateurs, distributeurs, artisans et installateurs) qui va devoir s’organiser. Des bennes spécifiques seront mises à leur disposition, sur leur site ou dans des points de collecte collectifs. Les magasins reprendront les meubles usagers de leurs clients.

 

Pour les particuliers, la priorité sera donnée à la réutilisation et au recyclage par les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Le 11 octobre dernier, ECO-MOBILIER a ainsi signé une convention de partenariat avec Emmaüs France et le réseau des Ressourceries, chez qui des bennes de collecte seront installées. « Lorsque les particuliers souhaitent se défaire de leurs vieux meubles, ils peuvent se tourner vers des associations de l’économie sociale et solidaire. Ces meubles connaissent alors un nouveau départ, remis en état ils peuvent servir à d’autres personnes », explique-t-on chez ECO-MOBILIER.

A défaut, les particuliers pourront se rendre dans les déchetteries où des bennes spécifiques seront implantées, comme pour les déchets électroniques aujourd’hui.

 

QUELLES FILIÈRES DE RECYCLAGE ET DE VALORISATION ?

Hormis la convention signée avec l’économie solidaire, ECO-MOBILIER a lancé un appel d’offres national auprès des « professionnels de la collecte et de la valorisation ». L’éco-organisme explique qu’il s’agit d’une « procédure large et ouverte à tous types d’opérateurs qui conduit à privilégier en tout premier lieu les solutions de recyclage des produits, et en second lieu la valorisation énergétique ». On connaît déjà les filières de recyclage et de fabrication de parquets. ÉCO-MOBILIER indique que des meubles « servent à fabriquer des panneaux en aggloméré que l’on trouve dans les panneaux de cuisine ou les meubles Ikéa ». Les matelas et canapés sont démantelés : ferraille, ressorts et mousses sont recyclés en matériaux d’isolation ou recyclés dans l’industrie automobile. Il faudra attendre les résultats cet automne pour en savoir davantage sur toutes les filières sélectionnées.

 

Les collectivités qui possèdent déjà leurs propres filières de « valorisation » pourront conserver leur organisation actuelle, précise ECO-MOBILIER. L’éco-organisme apportera aux collectivités un « soutien financier en fonction des modes de traitement des déchets mis en place ». Le soutien à la tonne est de 65€ pour le recyclage, 60€ pour la production d’énergie en usine d’incinération, 35€ pour la valorisation combustible (chaudières, bois, combustibles solides de récupération), 15€ pour la production d’énergie hors-usine d’incinération et 5€ pour l’incinération sans production d’énergie ou l’enfouissement.

Bureau en carton

 

L’ÉCO-CONCEPTION AUSSI !

Réduire les déchets évite l’émission de déchets à la source. Commercialiser du mobilier à partir de matières récupérées est le choix fait par UN BUREAU SUR LA TERRE :

 

 

Pour promouvoir l’éco-conception, ÉCO-MOBILIER assure auprès de ses adhérents « un rôle de conseil et de centre de ressources pour les aider à assumer cette responsabilité ». On espère que les fabricants français vont pouvoir développer de nouvelles filières, bien maigres à ce jour.

 

Daniel LACAILLE