Effet de serre : peur sur la Terre !

30 décembre 2013 0 Par Daniel

Dans les premiers résultats de son 5ème rapport , le GIEC minimiserait les effets réels du réchauffement climatique. Une prudence dévoilée par une étude d’autres experts. La situation de notre planète est pourtant catastrophique : hausse du niveau marin, fonte de la banquise et des glaciers de montagne, événements météorologiques extrêmes… Un emballement est tout à fait possible, avec la fonte des terres gelées qui libérerait le méthane emprisonné. Une bombe climatique à retardement !

 

5eme rapport du GIECLE GIEC EST « UN PEU TIÈDE »

On ne pourra pas faire un procès en catastrophisme au GIEC , car de l’avis général, le Groupement d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat minimiserait les effets néfastes du réchauffement climatique. Après les climato-sceptiques qui pratiquent de manière ridicule la politique de l’autruche, les 2500 experts du GIEC, prix Nobel de la paix en 2007, ne voudraient-ils pas éviter de nous effrayer ? On peut l’imaginer quand on sait le reproche qui est souvent fait aux écologistes : la dramatisation et la culpabilisation. La réalité est malheureusement à la gravité.

 

Parlant du GIEC, Le Monde du 10 septembre 2013, citant une étude publiée dans la revue Global Environmental Change, signale que « au contraire, ce dernier a systématiquement « sous-estimé » les effets du réchauffement climatique ». Jean Jouzel, le célèbre climatologue et glaciologue, vice-président du GIEC, l’avoue : « Il nous est reproché de trop rechercher le consensus et, de ce fait, d’être un peu tièdes ». On peut alors raisonnablement se poser la question du niveau réel du changement climatique en cours. Quels sont les impacts et à quelle échelle ? Quelles sont les échéances, les coûts financiers ?
GIEC : Les points essentiels en vidéo

 

UNE HAUSSE MOYENNE DES TEMPÉRATURES DE 4°

Quelques chiffres… La Chine (25,5%) et les États Unis (26,9%) sont responsables à eux deux de 42% des émissions mondiales de CO2 dues à la combustion d’énergie (charbon, pétrole, gaz naturel…). Au niveau mondial, les 18 dernières années comptent les 17 années les plus chaudes depuis 1900. Le niveau des mers a monté d’environ 20 cm depuis 1 siècle, avec le risque d’une élévation de 60 cm à 1 mètre en 2100 ! Dans le même temps, la température globale devrait augmenter de l’ordre de 4° en moyenne« Il faudra habiter la Terre différemment, explique un expert. Une partie des changements est inévitable ». La concentration de CO2 dans l’atmosphère s’accélère de manière exponentielle, elle est passée de 280 ppm (parties par millions) au début de l’ère industrielle à 400 ppm aujourd’hui, le niveau le plus élevé depuis 800.000 ans ! Aucun signe d’arrêt ne semble en vue…

 

terre en flammeLa liste de quelques autres dégâts sur la planète est effrayante :

  • Acidification des océans.
  • Menaces fortes sur le plancton, à la base de la chaîne alimentaire.
  • Hausse du nombre et de la durée d’évènements climatiques extrêmes : cyclones, tempêtes, canicules, pluies intenses, asséchement des sols….
  • Diminution de la couverture neigeuse, ce qui réduit l’effet d’albedo (capacité de la surface terrestre à réfléchir le rayonnement solaire) et alimente l’effet de serre.
  • Baisse des réserves d’eau.
  • Migrations massives de populations, plus de 1 milliard d’êtres humains vivent dans les basses terres côtières.
  • Chute du débit des cours d’eau.
  • Coûts financiers évalués à 20% du PIB mondial, selon le rapport Stern.

 

 

LE PERMAFROST : UNE BOMBE CLIMATIQUE ?

PermafrostMalheureusement, le pire est devant nous. Les évolutions ne sont pas toujours linéaires. Il ne faut donc pas négliger les effets de seuil et les risques d’emballement du réchauffement climatique. On sait que l’albedo possède un effet cumulatif, notamment aux pôles, là où la surface neigeuse et blanche – qui réfléchit à 80% le rayonnement solaire – fond et devient sombre et absorbe 80% du rayonnement solaire. C’est ce qui explique que les pôles se réchauffent plus vite que partout ailleurs.

 

Mais un autre danger menacerait et « n’a été pris en compte dans aucune des projections du GIEC (…). Un biais profond tendant à sous-estimer l’ampleur du réchauffement », explique Naomi Oreskes, co-auteur des travaux publiés dans la revue Global Environmental Change : la « fonte du perlégisol ». Son autre nom en anglais – permafrost – désigne les sols en permanence gelés au nord de la planète, sur les grands espaces de la Russie ou en Alaska.

 

Tout le monde a en tête les images des ces maisons en Alaska qui s’effondrent sur des sols en dégel. Ces sols renferment depuis des millénaires de la matière organique (animale et végétale) qui, en cas de dégel, par l’action des bactéries (organismes microbiens) qui le décomposent, dégagerait des masses énormes de CO2 et de méthane (CH4), un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2. Une véritable bombe climatique, selon certains, même si la controverse demeure .

 

On l’aura compris : agir très fortement contre le changement climatique est vital pour l’espèce humaine.

 

Daniel LACAILLE