Biodiversité : quelle responsabilité pour les entreprises ?

13 novembre 2012 0 Par Daniel

Biodiversité et entreprisesVigeo, vient de publier une étude qui évalue l’engagement et les performances de 127 entreprises européennes côtées. (Cet expert européen de la performance responsable a été fondé en 2002 par Nicole Notat et est toujours dirigé par cette ancienne syndicaliste. C’est une agence d’analyse,  notation et audit-conseil pour les entreprises ou organisations en matière de performances environnementales).

 

Elle a passé en revue les performances de 127 entreprises européennes appartenant à neuf secteurs, en matière de protection de la biodiversité.

 

Voici un résumé des résultats de son étude :

 

Une préoccupation en faveur de la biodiversité affichée

74 % des grandes entreprises affichent leur engagement de respecter la biodiversité, c’est à dire qu’elles en font mention dans leur documentation publique.

Dans les faits, peu d’engagements concrets pour la protection de la diversité écologique

Sur 9 secteurs évalués (matériaux de construction, tabac, mines, industrie électrique et gazière, BTP, agro-alimentaire, énergie, boissons et services parapétroliers) et avec seulement 52% des entreprises engagées,  le secteur des matériaux de construction est celui qui affiche les engagements les plus avancés.

Une vision partielle des réels impacts de leur activité sur l’environnement

La plupart des entreprises concentrent leurs efforts sur un impact en particulier mais peu ont une vision globale des impacts de leur activité sur la biodiversité.  Par exemple, très peu d’entreprises du secteur agro-alimentaire préviennent les impacts directement liés à la culture des OGM et des biocarburants.

Des reporting quasi inexistants

La majorité des entreprises ne publient pas d’indicateur quantitatif en matière de protection de la biodiversité. La plupart se contentent de communiquer sur les moyens et actions qu’elles ont mis en œuvre mais très peu sur leurs résultats concrets.

Une approche défensive plutôt que réellement motrice

La motivation des entreprises en faveur de la protection de la biodiversité semble très liée à sa réputation. Plus l’entreprise est en ligne de  mire des médias et plus elle fait d’efforts pour préserver les éco-systèmes. L’influence des parties prenantes, autorités publiques et ONG est donc déterminante sur les comportements des entreprises en matière de protection de la biodiversité.

 

> En savoir + Synthèse et étude complète en téléchargement sur le site de Vigéo (disponible en français et anglais)

 

> En conclusion :  un mot d’Hubert Reeves, Président de Humanité et Biodiversité :

 

« L’interdépendance entre les entreprises et le vivant est une évidence. Une évidence à s’approprier autant

pour le bien de la biodiversité, que pour celui des entreprises. Car faire face au futur, à tous points de

vue, pour diriger une entreprise, c’est dorénavant aussi savoir gérer et conserver le vivant.

L’objectif final est là, les entreprises peuvent et doivent être motrices pour le développement d’un autre

modèle économique intégrant la finitude des ressources (même celles que l’on pense encore infiniment renouvelables), et qui propose des modes de production et consommation équitables et en équilibre avec la biosphère. »